L'écrit d'un zèbre

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lundi, janvier 14 2019

En réaction aux communautés virtuelles...

Plutôt que de répondre par-ci par-là à différents posts, je vais centraliser ici le fond de ma pensée, doublée de mon humeur du jour (qui est très bof)... cela fait quelques jours que je suis inscrite ici (comme dans d'autres endroits). Et le sentiment un peu diffus car global que j'ai, c'est que dans dans le fond nous ne sommes pas tant que ça des zèbres ou autres animaux à part... simplement une bande d'humains peut-être essentiellement plus sensibles que la moyenne ?! et donc qui réfléchissent plus, étant aussi plus exigeants, etc....

Et alors justement, concernant "la moyenne"... j'ai le sentiment que depuis longtemps je fais de grands efforts pour m'adapter à cette société, en suivre les normes concernant le travail entre autre, mais aussi les relations humaines. Et j'ai l'impression de courir après un bus : plus je cours et plus il continue en même temps d'accélérer : comme nous le savons tous, les temps sont devenus plus difficiles. Et pas seulement économiquement (et c'est lié) : les relations aussi. Serait-ce lié à l'esprit de consommation, également le fait que nous soyons plus nombreux sur terre ? donc en quelque sorte davantage blasés...

La curiosité et l'intérêt de l'autre, enfin bref l'altruisme, me semble une valeur en perte libre de vitesse... sans même évoquer la vie concrète (les lieux qui étaient supposés être des lieux de rencontre et d'échange sincère, etc.). Même sur le Net à présent, on peut dire qu'il y a une foultitude de profils intéressants, avec de beaux textes, de la créativité, etc. mais derrière se perd la singularité de chaque être, nous surfons sur une masse d'informations et de choses publiées en tout genre, et au mieux nous "likons", mais... voilà, il n'y a plus vraiment d'échange. Et cela est devenue une sorte de passe-temps, de défouloir ? (de consommation !) mais je trouve cela bien loin de ce qui peut se passer et s'échanger de vraiment intéressant entre de réelles personnes. Car ce sont des personnes singulières, avec leur personnalité, leurs particularités, etc. qui se cachent derrière chaque profil.

Et tout ça pour dire : je ne suis pas sûre de continuer d'adhérer à une communauté ou une autre, simplement parce que je ne m'y retrouve pas... je trouve que c'est finalement pas mal de temps et d'énergie passée à surfer, répondre, lire à droite et à gauche à des sujets pourtant intéressants. Mais de ce fait, je trouve que c'est devenu à sens unique : chacun y va de son commentaire et son point de vue. Une manière insidieuse car trompeuse de se sentir exister, car qu'est-ce qu'il en ressort : pas grand chose si ce n'est - au mieux - plusieurs réponses également elles-mêmes à sens unique. Je crois bien que les réseaux sociaux dispersent et diluent l'être humain ! ses intentions, pensées, sentiments etc. partant direct dans le virtuel, et en retour... pas grand chose finalement ? un semblant d'illusion le temps d'un post de ne pas être seul, mais pourtant c'est le résultat, et ça ne change pas grand chose dans la vie concrète (si : Face-de-Bouc se fait des couilles en or, de tout ça !)...

Quand bien-même il pourrait y avoir des tentatives de regroupement, genre : et si on se retrouvait devant un verre... vous y croyez vraiment, vous ? on se retrouve à nouveau comme des étrangers les uns face aux autres, et tout est à recommencer. Peut-être, certainement même cela arrive, et j'en suis sincèrement contente pour les personnes concernées ! mais moi j'avoue ne pas avoir l'énergie pour tout ça (la vie en ce monde en demande déjà tellement)... Pour moi les relations c'est avant tout une question de cœur, je veux dire de feeling. C'est ça qui me donne l'énergie et l'inspiration pour aller vers l'autre, les autres, pour vivre tout court. Et le problème ici c'est qu'il y a des pensées et des écrits formidables, mais il y manque l'essentiel...

lundi, décembre 31 2018

Préambule

Je viens donc de me lancer à écrire un blog. Passé les textes et premiers mots publiés à chaud, je pense qu’il faudrait que je sorte enfin de mon placard. Que je fasse mon « coming-out intellectuel », comme je l’ai vu sur un site ! (sourire...) les Tribulations d’un Petit Zèbre et que je me présente :

Je suis une femme de 48 ans, vivant dans un village proche de Valence (jamais mariée, et sans enfants). Je suis arrivée dans la Drôme il y a presque 10 ans, suite à un drame familial. Ayant eu un parcours professionnel bien chaotique et pas de contacts dans la région, mes démarches d’emploi n’ont pas abouti à ce que je projetais (travailler dans le social). Le seul domaine d’activité qui a bien voulu de moi, c’est l'aide à domicile. Aussi, après ma (quatrième) formation professionnelle, je suis devenue auxiliaire de vie sociale.

Et j’exerce cette fonction, depuis à peu près 8 ans. J’ai ensuite été également référent métier pendant 1 an et demi (dans la même boite). Et puis là, à la toute fin d’année 2018, j’ai arrêté cette fonction supplémentaire : depuis fin octobre je suis en arrêt de travail, pour dépression... Ce qui m’a laissé le temps de prendre du recul, de consulter aussi une psychologue afin qu’elle m’aide à me réorienter. Pas seulement dans ma vie professionnelle, mais aussi personnelle. Et son premier conseil qu’elle a réitéré plusieurs fois : écrivez…

J’ai souvent écrit dans mon passé. Essentiellement des poèmes et réflexions diverses, que je sors d’ailleurs petit à petit du tiroir, pour les afficher ici (les dates sont approximatives). A part quelques amis, je ne les ai jamais montrés. Enfin je mens un peu, car à une époque j’avais crée un site dédié à la poésie (suite à une formation de webdéveloppeur). Mais j’offrais plutôt un espace pour que les internautes publient leurs propres poèmes. Et puis j’ai arrêté. Dans ma vie j’ai commencé beaucoup de choses, et me suis bien souvent arrêtée en chemin. Mais les écrits eux sont toujours là, ils font partie de moi, un peu comme de silencieux témoins.

Je ne sais pas encore vraiment quel sera le but de ce blog. Si ce n’est d’abord dans une perspective plutôt égoïste de me libérer et me faire plaisir. Comme il est tout récent, pour l’instant je n’ai pas de visiteurs. Mais j’espère que cela viendra, et que ce sera l’occasion pour eux peut-être de s’y retrouver. Je pense que nous sommes de nombreuses personnes à être seules dans leur coin, et avoir grande difficulté à trouver sa place. Voilà, je crois que c’est cela : une question d’espace à (ré)occuper, en s’exprimant librement. Et j’ai tellement de choses à dire, et à espérer pouvoir partager ! Je ne sais par où commencer.

J’ai un peu de mal à m’identifier à cette appellation de zèbre, que je trouve pourtant jolie. Mais davantage encore à celle de « haut potentiel » ! qui revient un peu au même. Je me verrais plutôt comme un hérisson (pour celles/ceux qui ont lu le Journal d’un Hérisson). Et pourtant, c’est ma psy qui a évoqué et m’a expliqué le terme de  haut potentiel, à ma deuxième visite. Et ce qui tombait bien : elle m’a d’ailleurs conviée à participer à une conférence à Lyon, sur les femmes à haut potentiel. J’ai été déconcertée de voir que je me retrouvais à différents stades, à commencer par l’éducation. Et puis le rapport aux autres, au monde du travail, qui a toujours été compliqué...

samedi, décembre 29 2018

Ca y est, je me lance...

Si à tout hasard quelqu'un atterrit déjà par là, pour l'instant il n'y a pas grand chose. Pourquoi un blog, et pour qui ? bonne question... je vais répondre franchement : avant tout, pour me faire plaisir ! Parce qu'écrire, ça fait du bien. Après, on verra où cela mène...

Je ne vais rien afficher d'inédit, ici. Il y a déjà tellement de choses sur le Net, je ne suis même pas allée voir d'autres blogs pour me faire une idée, parce que je suis sûre que ça m'aurait découragée d'emblée... donc je fais l'autruche : le nez coincé entre les touches du clavier, et vas-y que je balance comme ça vient... raah... un genre de branlette-du-ciboulot (je peux me permettre, puisque je ne suis pas un mec ;))...

Mon envie première, c'est d'abord de commencer comme ça vient. Ecrire des textes au fur et à mesure des humeurs. Et puis aussi en publier de plus anciens, j'en ai tellement qui dorment dans les tiroirs. Il y aura certainement ici un peu de tout : des réflexions, des trucs drôles (j'espère !), des poèmes...

Le rétroviseur

Il vient de se passer un événement : J’ai cassé mon rétroviseur… Mince, flûte, aïe ! Comme c’est bête, et énervant. Une partie de moi est vexée, contrariée, mais une autre partie de moi décide d’observer cela avec un certain recul (ah ah, c’est le cas de le dire). Et cela semble signifier quelque chose : Serait-ce que je ne doive plus regarder en arrière ? Ou bien cela ne signifie rien de particulier, et donc je suis libre de lui attribuer un sens. Ce que je « m’amuse » souvent à faire, quand il m’arrive un désagrément.

Il suffit alors de faire un pas en arrière et observer ce qu’il se passe, comment on réagit : On est en soi plusieurs personnes. Comme une sorte de théâtre avec de multiples personnages. Il y’a le personnage principal, l’ego, qui prend toute la place. Et se manifeste dès qu’il y’a une contrariété au niveau de l’affect. Formé de tout un tas de choses : l’éducation, la personnalité, le contexte environnant. Et on réagit tellement comme un petit enfant : dépendant de l’entourage le plus proche, du matériel, du qu’en-dira-t-on, il faut qu’on, y’a qu’à, etc....

Il est un peu comme l’arbre qui cache la forêt. Derrière il y’a une forêt, du moins d’autres arbres. Et c’est cela qui est intéressant d’observer : qu’on peut avoir en soi plusieurs personnages pouvant prendre le relais. D’autres aspects de soi que l’on connaît bien peu. Et ce que j’expérimente avec le rétroviseur, je l’ai déjà vécu dernièrement. En fait, je l’ai vécu de nombreuses fois, et à des degrés différents : de la simple contrariété à l’effondrement intérieur, quelque chose en soi résiste et se braque. Contre ce qui blesse. Plus l’intensité est forte, plus on a l’impression d’être comme agressé. Jusqu’à pouvoir être moralement anéanti.

Aussi grande puisse être une douleur émotionnelle, à moins bien sûr de faire une bêtise, on n’en meurt pas. Et justement, il y a comme un voile qui se déchire. Ou si vous préférez, un changement de perspective sur la scène où se joue votre pièce du moment : on peut découvrir qu’ il y’a autre chose derrière... Je pense que nous sommes chacun comme une poupée gigogne. Un personnage en cache un autre, qui en cache un autre, etc...

D’un banal événement de la vie sans gravité, on peut ainsi choisir une manière de l’interpréter, et « rebondir » dessus. Ouvrir comme une porte dans notre perception des choses. Et pourquoi pas accéder à cette partie de soi à la fois détachée mais justement très présente, la découvrir et l’expérimenter...

vendredi, juin 1 2018

Sites de rencontres : j'aurai tout essayé...

Gallinacee À propos de Gallinacee:

Femme acariâtre à tendance hystérique (pré-ménopause oblige), cherche macho borné et inculte, en vue de partager de grands moments de complicité… Les trop vieux, trop loin, tout secs ou trop gras et surtout les trop mariés... pas franchement sûre de répondre, mais je vous souhaite franchement bonne chance ! y'a forcément quelqu'une qui vous correspond quelque part…

"J'voudrais une femme comme-ci, comme-ça... tendre, câline, fidèle..." et si vous preniez un chien !?? Z'en avez déjà un ? Ben prenez donc un deuxième ! ou bien un chat... là au moins ça vous permettra de vous rapprocher à pas de loup (bon un loup non quand-même, on s'égare...), à tous petits pas (faudra être patient(e)!) de la femme, son esprit, sa beauté, son... in-dé-pen-dance !! miaowww…


*** attention *** minute philosophique : messieurs j'ai une fort mauvaise nouvelle !

Si les hommes ont besoin de coucher pour tomber amoureux (et en fait souvent même pas pour quoi que ce soit, z'ont besoin tout court... et tous les moyens sont bons ! d'où ce site...si,si, je sais !).... ben chez la femme (dont en l'occurrence moi je fais partie...oui, oui !) enfin du moins la plupart dans sa grosse moyenne, c'est l'inverse... encore que, à l'inverse proportionnelle (si j'ose dire?), on peut tomber amoureuse sans pour autant forcément pour x raison (tout comme vous, celle pour)... coucher... voilà c'est navrant, désolant et déprimant, c'est un fait. Comment va-t-on faire, allez-vous vous/nous demander certainement ? (bon ceux qui n'en sont déjà plus là depuis longtemps de leur lecture, on sait ce que, ce qu'ils...) comment va-t-on faire... alors là, le débat est ouvert !! d'où la propension à la prolifération en tout genre et toutes espèces, des... enfin DU site de rencontre... et alors : blabli, blablo, blabla... on essaie, hein, chacun de son côté ! de quoi ? ben de se tirer la couverture, pardi ! (si ce n'est tirer tout court oups pardon)... si c'est tantôt pour coucher, tantôt pour tenter de tomber amoureuse - aargh les hommes aussi, bien sûr ! z'êtes pas des bêtes, non plus...(quoique) - et alors donc bon... où en étais-je, dans quelle étagère ? ben celle du rayon du sentiment humain… La moralité de la conclusion, est : y'a pas de mode d'emploi !! faut qu'on se démerde entre nous... ah ah ! bon ben vous me direz : après tout ça passe le temps ! un peu plus interactif que le crochet... et on en apprend, sur les un(e)s, les autres ! à force de venir, revenir, repartir... un petit air de, comme la chanson : "ça s'en va et ça revient..."

Genre: Femme
Orientation: Hétérosexuel(le)
État civil: Célibataire
Physique: Musclé
Occupation: Chasser le lapin crétin

Passe-temps: balai, aspirateur, scotch-brite, brosse wc, serpillère, javel, ajax, mr propre...
Intérêts: Je gratte à tout...
Comment définiriez-vous votre personnalité en un seul mot? rudimentaire
Comment définiriez-vous votre style vestimentaire en un seul mot? sous la blouse ? mes mules en éponge ! what else...
Préférence politique: à droite toute !!! et même par dessus bord...
À quelle école ou université avez-vous étudié? j'ai frotté le trottoir !
Quelles études avez-vous faites? Bac ... essorage & rinçage
Quelles sont vos plus grandes qualités? caustique !, faut qu'ça brille...
Vous avez un animal de compagnie? les acariens !!! ggrrr...
Films favoris: la grande bouffe
Livres favoris: je sais cuisiner, notre-temps, la veillée, voici, gala, le Dauphiné
Voyages que vous avez faits: monter sur le toit, mater chez les voisins
Voyages que vous désirez faire: explorer ma cave...ah mince, j'en ai pas !
Émissions TV favorites: télé-crochet, télé-achat, télé-à chier
Mets favoris: des pâtes-à-l'eau, et des patates...
Sports que vous pratiquez: aah... je vous laisse deviner !
Sports que vous regardez: idem...
Quels sont vos pires défauts? quelques fois je souris...

dimanche, juin 19 2016

Inspiration

Le piano est à l'arbre
ce que la lune est aux reflets
du lac en bordure le chemin
aux milles ombrages scintille
d'ombre et de lumière
sous l'effet du vent qui est au silence
le messager tout chuchotant
vers le visage de l'enfant
et le visage est à l'enfant
ce que la parole est au sage
le chant a la parole
ouvert en dedans le rêve
comme un orchestre qui attend
la note sa musique
la muse son soupir
tout est prêt qui espère
la promesse d'une surprise
à l'instant, un inspir…

dimanche, mai 29 2016

L'attrape-coeur

De n'être qu'un objet de pensée affiché dans une fenêtre
peinte sur les mauvais jours dont la couleur s'appauvrit
un même visage aux mille secrets qui invite
anonyme à un instant d'intense rêve
toutes ces petites paillettes qui s'inclinent
tandis que cligne l’œil aux aguets
le corps tendu de tant de sécheresse
des cœurs, des gens, des rues et des vies
entières passées au bord de la fenêtre
à rêver qu'un jour peut-être
à travers cette palette qui se démultiplie
le réconfort, la tendresse et pourquoi pas l'amour
viendrait frapper à la porte des sentiments
qui vaquent, vagues et divaguent
d'un port d'attache à une épaule dévoilée…
De n'être qu'un mirage parmi tant d'autres visages
un rêve si fugace une larme qui déjà regrette
le temps ou la danse suffisait des regards qui s'accrochent
et des corps qui s'accordent le cœur vibrionnant
tant de bonheur insouciant, aimant, innocent.
Le désir s'en est allé par tant de promesses
épinglées à présent sous forme de papier glacé
la surface miroitante et froide nous renvoie
à notre propre insuffisance, le manque à gagner
si grand si implorant et prêt à se sacrifier
toujours un peu plus face au vide envahissant
de la solitude et les secrets et les trésors
pourtant prêts à être donnés, offerts, livrés...
De n'être l'autre qui manque en ce monde si dépeuplé,
je demande pardon.

lundi, mai 23 2016

Sous l'écorce

Comme l'on confierait ses secrets au creux de l'arbre
retenir les mots et les pensées tout au fond du cœur
et s'approcher tout en douceur jusqu'à se toucher
et se tenir se tenir fort enlacés les bras comme des branches
accrochant le souffle et les émois et sous l'écorce
si rude pourtant sentir que palpite encore
un peu de lumière un peu d'énergie la vie
encore qui ne demande qu'à s'épanouir
alors se concentrer de tout son cœur, son âme
pour faire passer tout ce qui au creux de l'être
vibre encore inspire expire exhale le désir
et avec tout ce qui ne peut se dire
deux corps en une même larme,
un même état d'esprit
et quand-bien même si l'indifférence
le doute ce qui brûle ou déchire
empêche deux corps de se réunir
il y a toujours toujours
quelque part dans le noir de l'âme démise
un peu de lumière qui brille et peut réchauffer
et faire se lever non plus le corps de la pensée
mais la pensée du corps et du cœur qui peut aimer
alors tout reste possible
tout reste possible qui peut se recréer...

dimanche, mars 6 2016

Assise sur ma chaise

Je suis assise sur ma chaise l’esprit vide et le corps en attente, comme un animal docile. Une journée s'est écoulée, plusieurs journées, semblables les une aux autres, interchangeables, même. Était-ce aujourd’hui, hier, demain ? Le temps lui-même semble interchangeable. Tout comme mes sentiments. Sans parler des émotions qui sont de toute façon tellement évanescentes, qu’elles sont absentes.

Je suis assise sur une chaise, interchangeable également, dans le temps, dans l’espace. Alors qu’est-ce qui reste stable, fixe ? Ni même une pensée, mais la conscience vague d’être ici et maintenant quelque part, posée sur une chaise. Qui pourrait ne pas exister. Ni moi-même. Et pourtant,  puisque je suis là et j’attends, mais quoi ? d’être ou de n’être pas. Seulement une conscience aux aguets de sa propre absence. Qu’est-ce qui est là où qui n’est pas là ?

Une pensée, une sensation une absence ? Un peu de tout cela va et vient, mais ne reste pas. Si éphémère, la sensation d’être. Tellement incertaine. Cela pourrait être un rêve, une création, mais pour cela faut-il avoir l’inspiration. Une aspiration d’un moment que l’on crée comme un rêve. Même éphémère. Le rêve va et vient et la magie de la vie aussi. Tout passe, peut-être est-ce cela vieillir, non pas en son corps mais en sa conscience. Plus on voudrait sentir la vie, s’y accrocher, et plus elle semble s’évanouir.

La vie est un caprice d’enfant qui ne s’est pas vu grandir. Un vent de folie qui dessèche la conscience. Polie par le temps comme un caillou sur la rive. Elle se durcit et s’amenuise en même temps. Ma vie, je ne l’ai pas vu grandir, je ne l’ai pas vu sourire. Je ne l’ai pas sentie. J’en suis déjà au bord, où était-ce le commencement ?

Mais je ne suis pas encore morte, puisque je n’ai pas été vraiment vivante. Ni ici ni ailleurs, mais entre-deux. Tendue entre le temps et la conscience. Pas assez folle peut-être, pour croire au rêve de la vie. Pas été assez. Je n’ai pas encore commencé de jouer. On ne m’a pas transmis la règle du jeu, le mode d’emploi, j’en suis encore à tenter de déchiffrer. Et le temps passe, qui ne s’en soucie guère. Moi Ici assise sur ma chaise, en attente peut-être d’une prochaine vie, comme on attend un prochain train.

Je ne voulais pas écrire, je savais que cela soulage et enferme en même temps, cela ne sert à rien. Il est trop tard pour écrire. Peut-être encore trop tôt pour vivre ? Ou bien l’inverse, comment savoir...

mercredi, août 13 2014

Déclaration de non-amour

Je t’aime de mon non-amour, t’honore de mon absence. Chaque jour est une adoration de mon indifférence à ton égard, et je t’enveloppe ainsi de mon mépris le plus flamboyant. La toile de ma fausse présence hypocritement déployée me relie à toi malgré toi. Et chaque jour j’en joue et je jouis, de te savoir coincée à l’autre bout de la ligne, aux abonnés désirant mais non considérés.

Il aura suffit d’avoir fait incursion chez toi avec une présence séductive savamment orchestré - entré par la musique, c’est le cas de le dire - pour créer l’accroche et te savoir désormais liée. A ma merci, en mon pouvoir si je le veux, quand je le veux. Et par la fin de non-recevoir sentimentale, je te tiens à ma portée, ton abîme grandissant d’attente effective me comble au plus au point. Car il me flatte, me glorifie, me fait sentir si...omnipotent.

Comme j’aime ce lien que je peux ainsi harponner sur d’autres cibles. Et avoir main-mise à ma guise sur des cœurs dociles en espoir d’un retour infime. Une manifestation minimale de quelque chose qui permettra d’entretenir ce si beau lien glorificateur de mon écho, ma toute puissance ; un petit message occasionnel y pourvoie. Je règne ainsi en maître, que dis-je en prince au centre de cette toile, tellement similaire au réseau virtuel donc je désavoue pourtant avec fierté les conséquences...

Quel merveilleux ami non-aimant et amant non désirant je fais...« je rigole tous les jours et profite de chaque instant, je ne me prends pas la tête, et pas de plan sur la comète ». Je surfe sur la superficialité de sentiments à sens unique, que je me réjouis d’instiller autour de moi, comme autant de petites étoiles qui me font briller. Je peux ponctionner ici et là au bout d’une ligne qui frissonne, entre la récolte narcissique d’une langueur que je ne nourris pas, à peine pour qu’elle survive. Voyez, je maintiens ainsi une certaine forme de survie de l’espèce amoureuse transie, afin qu’elle ne disparaisse pas complètement. Car sinon : que serais-je sans elle...

dimanche, juillet 3 2005

Troisième oeil

Le corps entier
Tendu dans une attitude figée
Je me tenais là
Le regard droit devant
Braqué
Sur les deux points fixes
Qui me renvoyaient sans osciller
Le faisceau étonné
De mon propre mystère
Je me tenais là
Au milieu de l’abîme découvert
Dans un tête à tête obstiné
Duquel je ne pouvais reculer
Toute mon attention plantée
Dans ces deux cercles noirs, parfaits
Qui m’avaient emprisonnée
C’était comme si d’un coup
J’étais propulsée
Entre deux sphères fermées
Deux infinis éloignés
Qui m’avaient tiraillée
Dans leur vertige sans limite
Alors j’ai lâché prise
Laissant mon regard se détacher,
Mon âme dériver
Et l’incroyable magie
S’est manifestée
Autour d’un axe invisible
Les deux mondes se sont rapprochés
Et comme une éclipse impossible
Ils ont fusionnés
Au milieu de l’axe
Qui a reculé dans l’espace
Déroulant le passage caché
Vers cette planète dévoilée
Au-dessus de ma tête
En cet instant magique
Tous les éléments de ma vie
Se sont rassemblés
Comme une danse magnétique
Mon être entier s’est aligné
Dans le couloir du temps
Qui s’est ouvert à mon esprit
Invitant au voyage sacré
A travers l’œil immense
De la conscience…

vendredi, juillet 1 2005

Descente

Je m’enfoncerai dans la terre
S’il le faut
Pour te rencontrer
Je m’enfoncerai dans la chair
De mon corps déjà défait
Repartant en arrière
Sur le chemin de traverse
A travers les forêts sombres
D’un passé sans fenêtre
Je remonterai le couloir
Du temps à l’envers
Jusqu’à ce pays gelé
Où vivent les astres fatigués
Suspendus dans le geste
Qui les a condamnés
En un paysage inaccessible
Sans un bruit sans une pensée
Je me laisserai couler
En une larme infinie
Et franchirai ainsi l’immobile
Pour te retrouver
Je me ferai lanterne
Dans la nuit
De ton âme figée
Pour rallumer la fragile étincelle
Cachée dans le noir de tes pensées
Je descendrai encore un peu
Au fond de l’abîme
Là où règne le néant accompli
Jusqu’à toucher la pointe de ton cœur
Alors tout doucement
De mes mains recueillies en porte-bonheur
Je déposerai un peu de ma lumière
Comme une infime graine isolée
Et puis je m’effacerai et repartirai
Retrouver ma vie et mon amour
Que j’espère un jour voir fleurir…

Abandon

Tout autour de moi
S’écroule
Les habitudes
Les pensées, les rêves
Et même les prières
En une immense houle
Qui s’élève inquiétante
Comme une marée trouble
Annonçant une profonde tempête
Et la tempête fait rage déjà
Tout au fond de ma tête
De mon cœur,
De mon âme en défaite
Tout autour de moi
S’écroule
Et je ne peux que me rattacher
A mon faible émoi
Tapi si fragile
Derrière cette fièvre
Qui est là ? …
A part moi qui m’en vais déjà
Harassée par tant de misère
Ma vie elle-même
Est une longue défaite
Une agonie qui répète
La même promesse
Celle de l’oubli
Qui tiendrait lieu d’ivresse
Si seulement je pouvais
Me laisser mourir à moi-même
Et renaître
Alors je m’incline
Face au désarroi qui bat retraite
Quelque part il est un être
Peut-être
A qui je pourrais m’en remettre
Le Roi de la nuit
Et des rêves amers
Il est dit-on déjà venu par ici
De ma fenêtre qui part en poussière
Je t’appelle, je t’implore
En une quête fidèle
Oh mon Amour, si grand et abstrait
Tes bras immenses de velours
S’étendent là
Derrière les plis de la souffrance
Tout autour
De mon âme déjà en transe
Permets-moi de tomber sans retour
Dans les filets dorés
De ton royaume infini
Passant ainsi de l’autre côté
L’autre côté du monde décadent
Qui ressert un peu plus chaque jour
Les dents acérées de sa machine à broyer
Les habitudes
Les pensées, les rêves
Et même les prières
Des esprits qui ont oublié …

mercredi, juin 29 2005

Nostalgie

Vivant chaque jour
Comme si c’était le dernier
Je me lève en faisant le tour
De ma raison et de mon amour
Inspectant de la cave au grenier
Chaque mémoire bien rangée
Prête au départ de tout instant
Sur le seuil de ma pensée
Je flaire le vent qui vient à passer
Espérant voir débarquer
Toutes voiles tendues le vaisseau du non-retour
Chargé des années fortes ressuscitées
Et de la beauté du monde rassemblée
Telle une arche recomposée
Chaque jour je rempli le bagage de mon âme
D’impressions en paysages
De visages en émotions
C’est tout un univers en fête
Que je dépose à ma table de chevet
Chaque soir
Quand dans la nuit se confondent
L’oubli et l’espoir

Escale

La peur de se noyer
Dans un verre d’eau fatiguée
Je plonge mon regard
Dans la transparence voilée
Si terne le récipient
Qui me sert de pensée
Je ne peux que nager
Dans une eau claire imaginée
Et je me laisse bercer
Par le reflet inspiré
En partance d’un port égaré
Quelque part
Loin des amarres déchirées
Trop de vagues ont brisé la coque de l’âme
Qui dérive au large
D’un pays sans passé
A bord d’un océan qui s’est retourné
Jusqu’à la dernière goutte j’ai bu
Le chemin enroulé au fond de la soute
Qui révèle l’endroit où l’eau sèche le doute
Le rien marin d’où émerge la soif profonde

lundi, juin 27 2005

Retournement

Si tu arrêtes le temps un instant
Le temps du mouvement, le mouvement du temps
La pensée du temps, le temps de la pensée
Le corps immobile oublie
Le contour qui le fige
L’absence qui le vide
Le vide qui le rend absent
Alors petit à petit il se détache
Et emplit l’espace qui s’agrandit
Et agrandit l’espace qui le porte
Hors de ses limites invisibles
Le corps qui était repli et fermeture
Devient ouverture de l’intérieur qui se déplie
Lentement tout autour du centre fragile
Le cœur immanent qui brûle de vie
Et se rassemblent les morceaux du souvenir
Éparpillés comme les pièces d’un puzzle impossible
Qui reprend progressivement vie
Ici et maintenant autour de la conscience élargie
Les années les distances effacent leur pli
Et redonnent à l’espace sa lumière d’origine
Alors l’esprit se déploie intègre et authentique
En un cri silencieux de joie infinie
Qui recouvre le bruit parasite
Des illusions du jeu de la vie …

Retournement

Si tu arrêtes le temps un instant
Le temps du mouvement, le mouvement du temps
La pensée du temps, le temps de la pensée
Le corps immobile oublie
Le contour qui le fige
L’absence qui le vide
Le vide qui le rend absent
Alors petit à petit il se détache
Et emplit l’espace qui s’agrandit
Et agrandit l’espace qui le porte
Hors de ses limites invisibles
Le corps qui était repli et fermeture
Devient ouverture de l’intérieur qui se déplie
Lentement tout autour du centre fragile
Le cœur immanent qui brûle de vie
Et se rassemblent les morceaux du souvenir
Éparpillés comme les pièces d’un puzzle impossible
Qui reprend progressivement vie
Ici et maintenant autour de la conscience élargie
Les années les distances effacent leur pli
Et redonnent à l’espace sa lumière d’origine
Alors l’esprit se déploie intègre et authentique
En un cri silencieux de joie infinie
Qui recouvre le bruit parasite
Des illusions du jeu de la vie …

mercredi, juin 22 2005

Passage

J’ai poussé la poignée de l’instant
Et me suis assise ici là
La tête étalée dans l’air qui passe
Le poids du corps se relâchant
En une masse qui s’efface
Je me suis penchée et j’ai regardé
Entre mes pieds posés le sol usé
Une faille qui s’entrebâille
Entre deux piliers ancrés
Depuis combien de temps déjà
Comme un serpent délaissant sa léthargie
Lentement l’esprit glisse au-dehors
Du haut de sa montagne imprécise
Tandis qu’il se déploie et dévale le temps
Suspendu en un cliché permanent
La crevasse avale l’espace
Qui s’ouvre et deviens paysage factice
Et devient passage vers un autre paysage
Caché dans le vide qui bascule
Et le plein qui s’incline
Libérant une vie infinie
De lieux, de pensées, d’esprits qui attendent
Ici et maintenant de ressurgir …

Coffre-fort

Mon corps s’ouvre
Mon corps s’offre
Au discours qui court
En écho sonore
Au fond de mon cœur
En coffre-fort
Qui s’efforce et fond
La douce tiédeur
D’un mot mi-rêveur
Et s’enfonce la pluie d’or
Dans la cave sans fond
De mon âme qui dort
Pendue au plafond
Rendue aux bas-fonds
D’une vie éperdue
Une à une s’allument
Les lumières saturées
Déroulant le sillage
D’un passage retrouvé
A travers l’ombre égarée
En début et fin de monde
Les visages sans âge
Les regards sans égard
Le corps qui souffre
D’un cœur en coffre-fort

dimanche, mai 22 2005

Miroir

Je t’observe
Par la lucarne entrouverte
Qui se pose sur ta silhouette
Je t’observe
A travers le cercle si parfait
Qui entoure ta tête
Je t’observe
Et pourtant
Comment ne puis-je retenir tous tes traits
Le regard est un mystère
Qui se perd le long de son couloir
En cherchant le passage
La porte devient fenêtre
Qui s’ouvre sur ma propre devinette
L’œil est ainsi un miroir
Monté à l’envers
Cherchant la pupille familière
Me voici sortie de mon propre univers
Alors l’unique repère
Change de partenaire
Et je devins la cible
D’un regard qui se retourne
Et me transforme en étrangère

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